L’âne de Buridan

« Qu’arrivera-t-il donc à l’homme s’il est en équilibre, comme l’ânesse de Buridan ? Mourra-t-il de faim et de soif ? » (Spinoza)

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Un penseur médiéval du nom de Buridan
Posa le cas d’un âne (ou était-ce une ânesse ?)
Qui hésita longtemps (c’est là que le bât blesse)
Entre l’avoine et l’eau, également distants.

« Boire ou manger d’abord ? Quel est le bon axiome ? »
Il tergiversa tant, et si bien qu’à la fin
Il trépassa de soif, aussi bien que de faim.
De l’âne on est venu à méditer sur l’homme.

L’homme décide-t-il, en toute liberté ?
Spinoza, là-dessus, écrivit une épître
Niant la volonté comme le libre-arbitre.
Soit. Mais le vrai problème – est laissé de côté.

Mettons qu’à l’argument je sois forcé de croire,
Et que le libre-arbitre, eh bien, n’existe pas !
Le fond de la question resterait en débat :
Faut-il d’abord manger, ou premièrement boire ?

Je dis que sur ce point, l’ânon de Buridan
Se fût trouvé, ma foi, en meilleure posture
S’il avait médité les Saintes Ecritures,
Et en particulier l’Evangile de Jean,

Lequel place en début de son second chapitre
L’épisode où Jésus transforma l’eau en vin,
La multiplication des poissons et des pains
Ne venant, pour sa part, qu’au sixième chapitre.

De cet enchaînement, j’infère et je conclus
Qu’il faut boire d’abord, qu’il faut manger ensuite.
Preuve que j’ai raison pourrait être déduite
Du fait que je suis là, et que l’âne n’est plus.

Jaufré Cantolys

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